Hépatite chronique par surcharge en cuivre

Copper toxicosis, Copper-associated hepatopathy.

aussi appelée Hépatotoxicose au cuivre.

• Accumulation de cuivre au niveau du foie, à l’origine d’une inflammation chronique de cet organe et évoluant vers la fibrose et la cirrhose. Cette accumulation peut avoir plusieurs origines : o Un trouble primaire du métabolisme du cuivre, comme chez le Bedlington Terrier. o Un défaut d’excrétion biliaire du cuivre. o Un apport excessif en cuivre dans la ration, indépendant de toute prédisposition raciale. • La maladie se décline en 3 stades chez le Bedlington Terrier : o Stade 1 : asymptomatique, avec conservation de la structure histologique du foie, accumulation de cuivre uniquement localisée à la région centrolobulaire et concentration hépatique en cuivre comprise entre 400 et 1500 µg/g de poids sec. o Stade 2 : asymptomatique, avec inflammation du foie, accumulation généralisée de cuivre et concentration hépatique en cuivre comprise entre 1500 et 2000 µg/g de poids sec. o Stade 3 : symptomatique, avec inflammation et cirrhose du foie, accumulation généralisée de cuivre et concentration hépatique en cuivre supérieure à 2000 µg/g de poids sec.

#SYSTÈME DIGESTIF

Races prédisposées

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Suspicion

Signes cliniques observés chez un chien de race prédisposée. L’âge d’apparition des signes cliniques varie selon la race :

RaceÂge d’apparition des signes d’hépatite chronique
Bedlington TerrierAdulte à mature
Retriever du Labrador, DalmatienJeune adulte à adulte
DobermannAprès 7 ans

 

Les signes cliniques d’hépatite chronique seront observés à tout âge chez les autres races.

Fréquence

• La prévalence de la maladie chez le Bedlington Terrier était estimée entre 33 et 66% avant le développement du test génétique, qui a depuis permis une nette diminution de cette valeur, allant même jusqu’à une quasi-éradication de la maladie.
• La prévalence reste assez élevée chez les autres races.

Signes cliniques

Leur intensité varie en fonction du stade de la maladie. Les signes cliniques spécifiques de la maladie sont d’apparition tardive.
• Baisse d’activité et dysorexie discrètes et intermittentes en début d’évolution.
• Intolérance à l’effort, fatigue, léthargie.
• Anorexie.
• Nausées, ptyalisme.
• Vomissements intermittents.
• Diarrhée intermittente.
• Perte de poids.
• Polyurie-polydipsie.
• Ictère, ascite, signes d’encéphalopathie hépatique et saignements dans les cas les plus avancés.

Méthodes de diagnostics

1. Épidémiologie et clinique.
2. Analyses biochimiques : augmentation des enzymes hépatiques (ALAT, ASAT, PAL, GGT). Hypoalbuminémie et diminution de la concentration sanguine en urée lors d’insuffisance hépatique. Éventuelles hyperbilirubinémie, hyperammoniémie et augmentation des valeurs pré et post-prandiales des acides biliaires.
3. Échographie abdominale : Absence d’anomalie dans 1 cas sur 5. Echogénicité hépatique normale en début d’évolution, hyperéchogénicité hépatique diffuse ou nodulaire en stade pré-cirrhotique ou cirrhotique. Epanchement visible en cas d’ascite. Taille du foie normale à diminuée.
4. Histologie sur biopsie hépatique (échoguidée ou obtenue par laparoscopie ou laparotomie) : coloration des dépôts de cuivre (par l’acide rubéanique ou la rhodamine par exemple) généralement localisés au niveau des hépatocytes centrolobulaires. Évaluation semi-quantitative car ces colorations détectent le cuivre lorsque celui-ci dépasse la valeur limite de 400 µg/g de poids sec. Infiltrat inflammatoire au niveau des hépatocytes surchargés en cuivre. Apoptose, nécrose et régénérescence de ces hépatocytes en fin d’évolution, avec fibrose et cirrhose micronodulaire ou macronodulaire associées.
5. Spectrométrie d’absorption atomique (gold standard) ou analyse par activation neutronique : mesure quantitative du cuivre sur biopsie hépatique. Chez le Bedlington Terrier, les valeurs peuvent être jusqu’à 50 fois supérieures aux valeurs usuelles, contre 10 à 20 fois supérieures chez les autres races atteintes.

Diagnostic différentiel

• Hépatite ou cholangite ou cholangio-hépatite inflammatoires ou à médiation immune.
• Hépatite chronique infectieuse.
• Intoxication ou intoxination.
• Pancréatite chronique.
• Cholélithiase.
• Mucocèle biliaire.
• Hépatopathie vasculaire.
• Néoplasie hépatique primaire ou secondaire.

Pronostics

• Variable en fonction de la réponse au traitement.
• Réservé pour les jeunes chiens développant une insuffisance hépatique aiguë ou les chiens âgés atteints de cirrhose.
• Favorable lorsque la maladie est détectée précocement, avant le développement de l’hépatite et des remaniements associés.

Traitements

• Le traitement médical vise à réduire l’absorption de cuivre et à stimuler son excrétion. Des mesures diététiques avec choix d’un régime alimentaire adapté sont donc essentielles. L’utilisation de chélateurs du cuivre est recommandée (notamment pour des concentrations en cuivre supérieures à 1500-2000 ppm) : D-pénicillamine, régime appauvri en cuivre et riche en zinc. L’utilisation de trientine est rapportée.
• Des traitements de soutien de la fonction hépatique peuvent également être prescrits.
• Un contrôle des paramètres hépatiques est conseillé tous les 3 à 6 mois pour s’enquérir de l’évolution de la maladie.
• Une nouvelle biopsie hépatique avec mesure de la concentration en cuivre peut être réalisée 1 an après la mise en place du traitement afin d’évaluer l’efficacité de celui-ci.

Transmission

Transmission héréditaire démontrée.

Mode de transmission

• Transmission héréditaire autosomique récessive chez le Bedlington Terrier.
• Transmission héréditaire suspectée chez les autres races.
• Forte héritabilité (0,85) de la maladie chez le Labrador Retriever.
• Prédisposition sexuelle des femelles chez le Dobermann et le Labrador Retriever.

Le gène muté et sa mutation

Chez le Bedlington Terrier :
• Locus : gène COMMD1 (Copper Metabolism Domain Containing 1), également nommé MURR1 et porté par le chromosome 10.
• Mutation : délétion de 39,7 kb.

Possibilité d'un test ADN

Oui.

Conseil aux éleveurs

• Chez le Bedlington Terrier : écarter les animaux atteints de la reproduction, dépister par test ADN les reproducteurs et proscrire les accouplements entre hétérozygotes (porteurs sains).
• Pour les races sans test ADN : écarter de la reproduction les animaux atteints et leurs apparentés directs.