Mucopolysaccharidose de type I

Mucopolysaccharidosis I, MPS I, Hurler syndrome, Scheie syndrome

aussi appelée Syndrome de Hurler, syndrome de Scheie

Maladie de surcharge lysosomale provoquée par une déficience en une enzyme lysosomale, la α-L iduronidase, conduisant à une insuffisance de dégradation de 2 glycosaminoglycanes (GAG): le dermatane sulfate et l’héparane sulfate. 

#SYSTÈME NERVEUX

Races prédisposées

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  • A-E
  • F-J
  • K-O
  • P-T
  • U-Z

Suspicion

Signes cliniques apparaissant entre 3 et 6 mois chez un chien de race prédisposée.

Fréquence

Rare.

Signes cliniques

• Retard de croissance marqué.
• Dysmorphisme facial et squelettique.
• Douleur à la manipulation de la tête, du cou, du rachis et des articulations appendiculaires.
• Boiteries.
• Opacification cornéenne bilatérale.
• Troubles comportementaux.
• Troubles de la vision.
• Distension abdominale par hépatomégalie.
• Souffle cardiaque éventuellement présent.

Méthodes de diagnostics

1. Épidémiologie et clinique.
2. Radiographies : raccourcissement et épaississement des os, érosions et épanchements articulaires, nombreux ostéophytes, foyers d’ostéolyse disséminés, amincissement de l’espace intervertébral, ostéoporose et spondylose vertébrales, éventuelle cardiomégalie.
3. Échocardiographie : mise en évidence d’une éventuelle valvulopathie (épaississement des valvules).
4. Imagerie en coupes par résonance magnétique : amincissement du corps calleux, élargissement des ventricules cérébraux, atrophie corticale, parenchyme hypointense en séquence T1 et hyperintense en séquence T2.
5. Frottis sanguin coloré au bleu de toluidine : granules azurophiles (corps de Alder-Reilly) au sein des lymphocytes et des granulocytes neutrophiles.
6. Analyse urinaire (bleu de toluidine) : présence de mucopolysaccharides dans les urines.
7. Histologie sur biopsies de divers tissus : présence de nombreuses vacuoles intra-cytoplasmiques contenant un matériel granuleux ou des structures lamellaires semblables à des « corps zébrés ».
8. Mesure de l’activité enzymatique et de la concentration du dermatane sulfate et de l’héparane sulfate : absence d’activité enzymatique et concentration augmentée en substrats.
9. Test génétique (si disponible pour la race considérée).
10. Histologie post mortem : vacuoles intra-cytoplasmiques précédemment décrites au sein des neurones, des astrocytes, des cellules périvasculaires mononucléées et des fibroblastes leptoméningés. Cytoplasme des astrocytes quasi-inexistant en raison de la présence d’un noyau très volumineux.

Diagnostic différentiel

• Autres maladies de surcharge lysosomale.
• Hypervitaminose A.
• Hypothyroïdie congénitale.
• Nanisme chondrodystrophique.
• Hydrocéphalie.

Pronostics

• Mauvais.
• Les traitements expérimentaux sont difficilement réalisables en routine.
• Les animaux non traités et ne mourant pas des complications de leur maladie sont généralement euthanasiés entre 2 et 3 ans.

Traitements

• Plusieurs essais thérapeutiques on été menés en vue de pallier la déficience enzymatique. Ainsi, l’injection intrathécale d’iduronidase humaine, la thérapie génique à l’aide de vecteurs rétroviraux et la transplantation de moelle osseuse hématopoïétique ont permis d’améliorer temporairement les signes cliniques et de réduire l’accumulation de GAG dans les tissus. Cependant, ces techniques sont difficilement réalisables en routine et sur le long terme, notamment en raison de contraintes techniques et financières.
• L’administration par voie sous-cutanée de pentosane polysulfate permettrait de réduire la production de cytokines pro-inflammatoires et l’accumulation de GAG dans les urines et les tissus chez les chiens atteints de MPS I.

Transmission

Transmission héréditaire démontrée.

Mode de transmission

• Transmission héréditaire autosomique récessive chez le Plott Hound.
• Mode de transmission non connu chez le Rottweiler.

Le gène muté et sa mutation

Chez le Plott Hound :
• Locus : gène IDUA (Iduronidase Alpha-L) porté par le chromosome 3.
• Mutation : c.155+1G>A.

Possibilité d'un test ADN

Oui.

Conseil aux éleveurs

• Écarter les animaux atteints de la reproduction, dépister par test ADN les reproducteurs et proscrire les accouplements entre hétérozygotes (porteurs sains).
• Pour les races sans test ADN : écarter de la reproduction les atteints et leurs apparentés directs.