Polyneuropathie héréditaire du Léonberg

Inherited polyneuropathy in Leonberger dogs

Axonopathie périphérique mixte caractérisée par une dégénérescence axonale et une démyélinisation chronique, progressive, en région distale des membres. Cette maladie conduit notamment à une atrophie progressive des muscles appendiculaires distaux ainsi qu’à une paralysie laryngée. 

#SYSTÈME NERVEUX

Races prédisposées

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Suspicion

Signes cliniques observés chez un chien de race prédisposée dont l’âge va varier entre 1 et 10 ans. Le Léonberg et le Saint-Bernard pourront développer les 2 formes décrites précédemment alors que le Spinone déclenchera généralement la forme tardive de la maladie, entre 8 et 10 ans.

Fréquence

Fréquente. On estime que 23% des Léonberg et 2% des Saint-Bernard sont porteurs de la mutation du gène ARHGEF10 en France.

Signes cliniques

• Amyotrophie en portion distale des membres.
• Hyperflexion des membres en région proximale.
• Diminution des réflexes médullaires.
• Paralysie laryngée : dysphonie, dyspnée et stridor inspiratoire.
• Intolérance à l’effort.
• Faiblesse musculaire.
• Paralysie du nerf facial.
• Diminution du réflexe de déglutition.
• Tétraplégie possible en fin d’évolution.

Deux formes sont décrites en fonction de l’âge d’apparition des signes cliniques et de leur sévérité. La forme décrite chez le jeune adulte (1 à 3 ans) est ainsi plus marquée que la forme tardive, autour de 8-9 ans.

Méthodes de diagnostics

1. Épidémiologie et clinique.
2. Électrophysiologie : potentiels de fibrillation multifocaux dans les muscles appendiculaires. Diminution de la vitesse voire absence de conduction motrice.
3. Histologie sur biopsie nerveuse : perte de fibres myélinisées, fibrose endoneurale, œdème sous périneural et diminution du diamètre des axones.
4. Histologie sur biopsie musculaire : atrophie neurogène d’intensité variable, affectant des groupes de fibres musculaires de différentes tailles.
5. Test génétique (si disponible pour la race considérée).

Diagnostic différentiel

• Dysendocrinie : diabète sucré, insulinome, hypothyroïdie.
• Polyneuropathie paranéoplasique.
• Intoxication (organophosphorés et carbamates, métaux lourds).
• Botulisme.
• Polyradiculonévrite.
• Myasthenia gravis.
• Paralysie à tiques.
• Maladie de surcharge lysosomale.
• Myélopathie dégénérative.
• Traumatisme.

Pronostics

• Réservé.
• Variabilité de l’intensité des signes cliniques d’un individu à l’autre.
• Décès faisant le plus souvent suite à une pneumonie par fausse déglutition.

Traitements

Absence de traitement spécifique.

Transmission

• Transmission héréditaire démontrée chez le Léonberg et le Saint- Bernard.
• Transmission autosomique récessive suspectée chez le Spinone.

Mode de transmission

• Plusieurs gènes sont impliqués, avec des modes de transmission variables pour les mutations concernées.

Le gène muté et sa mutation

• Premier gène découvert : mode autosomique récessif chez le Léonberg et le Saint-Bernard (Polyneuropathie de type 1 ou LPN1) : gène ARHGEF10 (Rho Guanine Nucleotide Exchange Factor 10) porté par le chromosome 16.
o Mutation : c.1955_1958+6delCACGGTGAGC
o Les chiens homozygotes pour cette mutation développeraient la maladie entre 1 et 3 ans. Il est suspecté que les chiens hétérozygotes puissent développer la forme plus tardive et moins marquée de la maladie.
o Cette mutation ne serait responsable que d’un tiers des cas de polyneuropathie chez le Léonberg.
• Deuxième locus (gène et mutation non publiés) chez le Léonberg : mode autosomique dominant (polyneuropathie de type 2 ou LPN2).
• Les chiens hétérozygotes développent la maladie entre 1 et 10 ans.
• Les locis combinés LPN1 et LPN2 n’expliquent que 50% des cas de polyneuropathie chez le Léonberg.

Possibilité d'un test ADN

Oui, pour la LPN1 et la LPN2.

Conseil aux éleveurs

• Chez le Léonberg : écarter de la reproduction les atteints, les homozygotes mutés LPN1 et les hétérozygotes et homozygotes mutés LPN2. Proscrire les accouplements entre hétérozygotes LPN1.
• Chez le Saint Bernard : écarter les animaux atteints de la reproduction, dépister ADN les reproducteurs et proscrire les accouplements entre hétérozygotes LPN1.
• Chez le Spinone : écarter de la reproduction les atteints et leurs apparentés directs.