Syndrome de dilatation-torsion de l’estomac

Gastric dilatation volvulus syndrome, gastric torsion, bloat.

• Affection suraiguë caractérisée par une dilatation de l’estomac provoquée par l’accumulation de gaz dans celui-ci et pouvant évoluer vers une torsion. L’estomac se tord alors autour de son axe et est déplacé dorsalement et à gauche du fundus. • Cette affection nécessite une prise en charge en urgence par un vétérinaire. 

#SYSTÈME DIGESTIF

Races prédisposées

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Suspicion

Signes cliniques observés chez un chien de race prédisposée. Le SDTE peut être observé à tout âge, bien que les chiens âgés (8-10 ans) soient plus susceptibles de développer cette affection, notamment suite au relâchement du ligament suspenseur de l’estomac.

Fréquence

L’incidence est estimée à 6% chez les chiens de races grandes et géantes. La fréquence est variable selon la race, allant de 3.9% chez le Rottweiler à 39% chez le Dogue Allemand.

Signes cliniques

• Vomissements improductifs.
• Douleur abdominale.
• Dilatation abdominale.
• Tympanisme abdominal = signe pathognomonique d’une dilatation ou dilatation-torsion de l’estomac.
• Ptyalisme.
• Anxiété.
• Léthargie.
• Tachycardie, arythmies cardiaques.
• Tachypnée ou dyspnée.
• Signes de choc hypovolémique: temps de recoloration capillaire augmenté, muqueuses pâles, hypothermie, pouls filant, dépression, coma lors d’état de choc sévère.

Méthodes de diagnostics

1. Épidémiologie et clinique.
2. Radiographies abdominales (à réaliser après stabilisation de l’animal) : visualisation de la dilatation ou dilatation-torsion de l’estomac et d’éventuels signes de péritonite.

Diagnostic différentiel

• Hémoabdomen.
• Péritonite.
• Gastro-entérite aigüe.
• Volvulus intestinal.
• Obstruction gastrique (corps étranger, tumeur, sténose pylorique).
• Pancréatite aiguë.
• Hépatite aiguë.

Pronostics

• Variable. Le délai avant la présentation chez un vétérinaire ainsi que l’état de l’animal à ce moment conditionnent le pronostic.
• Le taux de mortalité en cas de SDTE est estimé à 10-15%. Il peut atteindre plus de 30% en cas de nécrose ou de résection gastrique, de splénectomie associée, d’arythmies pré- ou post-opératoires et de délai long entre la présentation chez le vétérinaire et l’intervention chirurgicale.
• La présence d’arythmies cardiaques est un facteur pronostique négatif. En effet, en l’absence de traitement, la mort de l’animal survient généralement dans les 4 à 6 heures suivant leur apparition.
• La méthode thérapeutique choisie est aussi un facteur pronostique. Le taux de récidive du SDTE est estimé à 54.5% en cas de prise en charge médicale seule contre 4.3% en cas de prise en charge chirurgicale.
• Une valeur de lactatémie supérieure à 6 mmol/L est un facteur pronostic défavorable. On estime à 58% le taux de survie des animaux présentant une lactatémie supérieure à cette valeur, contre 99% pour une valeur inférieure.

Traitements

• En cas de tympanisme, une gastrocentèse doit être réalisée avant de gérer l’état de choc et d’envisager l’intervention chirurgicale.
• Le traitement chirurgical consiste à réaliser une gastropexie pour corriger l’anomalie de position de l’estomac et prévenir les récidives.
• Le traitement médical vise à gérer l’état de choc, les troubles de la reperfusion, l’acidose et à corriger les effets néfastes des toxines libérées dans la circulation sanguine et à gérer les troubles du rythme cardiaque.
• Une torsion de la rate peut être associée à la dilatation ou dilatation-torsion de l’estomac et justifie la réalisation d’une splénectomie.
• Une gastropexie prophylactique peut être recommandée chez les animaux prédisposés, réduisant le risque de SDTE à une valeur comprise entre 0 à 5%. Le Dogue Allemand aurait quant à lui 29.6 fois moins de risques de développer l’affection.

Transmission

• Prédisposition raciale seule démontrée.
• Les chiens de race grande à géante et dont le thorax est profond sont prédisposés à cette affection.
• Les chiens de race pure auraient 3 fois plus de risque de développer un SDTE que les chiens croisés.
• Différents facteurs de risque, indépendants de la race considérée, sont suspectés d’intervenir dans la pathogénie de la maladie :
o Une activité physique après un repas.
o Une vitesse élevée de prise alimentaire.
o Une prise alimentaire quotidienne en un seul repas.
o Une position surélevée de la gamelle de nourriture.
o Un phénomène d’aérophagie ou de rétention gastrique.
o L’existence d’un parent au premier degré ayant un antécédent de SDTE.
o Une néoplasie gastro-intestinale.
o Des troubles de la motilité gastrique.

Mode de transmission
Le gène muté et sa mutation
Possibilité d'un test ADN

Non.

Conseil aux éleveurs

• Éviter de mettre à la reproduction des animaux ayant déjà été affectés ou ceux dont un parent au premier degré a déjà été affecté par un SDTE.
• Éviter de mettre à la reproduction des animaux dont la conformation prédispose au SDTE.